Notre-Dame-du-Nil de Scholastique Mukasonga

Editions Gallimard. 240 pages. Paru le 1er mars 2012.

Prix Ahmadou Kourouma 2012. Prix Renaudot 2012

Résumé et avis

L’histoire se passe au Rwanda avant le génocide où nous suivons les adolescentes du lycée Notre-Dame-du-Nil, un établissement chargée de formée la classe élite féminine du pays. Les tensions entre Hutu et Tutsi sont au maximum dans le pays. Au lycée, des amitiés naissent entre les filles mais aussi des animosités. Des messages de haine envers les Tutsi sont véhiculés par Glorosia qui n’hésitera pas à user d’accusations calomnieuses qui auront des conséquences dramatiques.

« Chassez ces Tutsi du lycée, mais il n’est pas nécessaire de vous salir les mains. Vous en attrapez quelques-unes et vous leur donnez de bons coups de bâton, cela leur fera passer le goût des études. Elles périront dans la montagne, de froid, de faim, dévorés par les chiens errants et les bêtes sauvages, et celles qui survivront et réussiront à passer la frontière, elles seront obligées de vendre ce corps dont elles sont si fières au prix d’une tomate sur le marché. La honte, c’est pire que la mort. »

Dans ce roman, on voit bien l’effet pervers du groupe et de ses conséquences. D’autant plus que les jeunes sont rapidement dépassés par des événements dont ils n’en ont aucun contrôle.

« Je reviendrai quand le soleil de la vie brillera à nouveau sur notre Rwanda. »

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Quatrième de couverture:

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d’altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d’accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l’intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota «ethnique» limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.

Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un «vieux Blanc», peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d’insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d’autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu’il a bâti pour elle.

Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c’est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d’une écriture directe et sans faille.

Bonne lecture!