Tu le diras à ma mère. L’histoire vraie de Coco Ramazani racontée par Joseph E. Mwantuali

Editions Présence africaine. 304 pages. Paru le 26 novembre 2015.

Dès le début le ton est donné, l’histoire de Coco est horrible voire insoutenable. Nous suivons le parcours et l’évolution de Coco « cette petite fille de rien du tout » selon ses propos, sur fond de conflits dans ce qu’on appelle la région des grands lacs. Alors qu’elle n’est qu’une jeune fille, elle subit une agression sexuelle par un pasteur. Par la suite, à chaque stade de sa vie, la ritournelle du viol vient ponctuer le récit rythmant ainsi sa complainte. Cela semble sans fin comme si c’était normal et dans l’ordre des choses. Ce que dénonce le témoignage de Coco c’est le viol mais surtout la destruction du corps et de l’esprit de la femme, la matrice de la vie avec toutes les conséquences que cela implique pour la population, c’est-à-dire la destruction de l’équilibre et de la stabilité de la famille et donc des peuples. Si on va encore plus loin, c’est le viol de l’Afrique et le pillage de ses ressources qui apparaît en filigrane. Donc l’histoire de Coco est un porte-voix pour toutes ces femmes inaudibles sans nom et sans visage.

Le livre se lit facilement malgré la violence de ce qui est raconté. Pendant ma lecture j’avais oublié que le récit était rapporté par un auteur, j’avais l’impression de lire Coco Ramazani. C’est une fois le livre refermé et en voyant le nom de Joseph E. Mwantuali que j’ai réalisé qu’il avait fait un excellent travail d’écriture qui a permis de rendre l’histoire accessible et supportable pour le lecteur malgré les horreurs qui la composent.

C’est un très bon livre à lire et à diffuser pour que ce qui se passe au Congo soit connu de tous.

Je remercie les Éditions Présence Africaine pour l’envoi de ce roman.