Les Transparents d’Ondjaki

Editions Métailié pour la traduction française. 368 pages. Sorti le 20 août 2015. Prix Littérature-Monde Etranger 2016 et Prix José Saramago 2013

Résumé et avis

L’histoire se passe à Luanda, capitale de l’Angola, dans un immeuble délabré, le Maianga dans lequel se croisent toutes sortes de personnages. Ils constituent à eux seuls un microcosme reflétant la société luandaise. Les habitants de l’immeuble se retrouvent à l’entresol autour d’un point d’eau formé par une fuite des canalisations. L’eau et le bruit qu’elle fait rythment leurs vies. C’est un lieu où ils partagent leurs espoirs et leurs souvenirs. On y rencontre, Odonato et son épouse Xilisbaba ainsi que leur fils Ciente un truand incorrigible et leur fille Amarelinha dont le cœur va battre pour le MarchandDeCoquillages. MariaComForça vend de la nourriture au pied de l’immeuble, son mari JoãoDevagar projette des films sur la terrasse. Le facteur qui réclame une mobylette. On y rencontre aussi des scientifiques et des curieux venus observer l’éclipse totale du soleil, l’événement à ne pas manquer.

« -la vérité est bien plus triste, Baba ; nous ne sommes pas transparents parce que nous ne mangeons pas… nous sommes transparents parce que nous sommes pauvres. »

Ce roman plein d’humour est une véritable chronique de la vie des populations des grandes villes africaines avec des personnages représentatifs des sociétés. Paizhino, l’enfant adopté par les habitants de l’immeuble représente les enfants disparus, ceux qui sont perdus pendant les guerres. Les transparents sont ceux qu’on ne voit pas pourtant ils sont bien présents. Ce sont les pauvres, les laissés pour compte. GrandMèreKunjikine quant à elle c’est la personnification de la tradition, comme pour nous rappeler que sans elle les peuples ne peuvent pas se reconstruire. Le facteur et ses revendications pour travailler dans de bonnes conditions, c’est le petit fonctionnaire mal payé et qui ne dispose pas des moyens pour effectuer son boulot correctement. On retrouve aussi les deux contrôleurs, représentants de l’administration corrompue et disséminant la corruption partout où ils mettent les pieds. L’Eglise aussi n’est pas épargnée avec l’EgliseDeLaBrebisSacrée où les « amêêê » ont remplacé les « amen ».

L’auteur utilise très peu de points en fin de phrase et les majuscules ne sont utilisées que pour les noms. Par ce style, la lecture donne une impression d’inachevée avec des phrases en suspens où tout est suspendu sans fin. Puis quand on arrive vers les dernières pages, l’histoire contraste avec l’effet donné par le style. J’ai donc été surprise par ces dernières pages et par les dénouements des intrigues, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai lu. Par ailleurs, l’auteur utilise très bien l’ironie pour placer des critiques.

J’ai apprécié l’histoire bien que la lecture aura été déroutante, cependant j’aurais aimé la voir plutôt que la lire. Les dialogues, nombreux et occupant la moitié du texte, s’y prêtent à une adaptation cinématographique. C’était le premier roman que j’ai lu de cet auteur et je suis tentée de découvrir ses autres œuvres.

Ondjaki, dont le véritable nom est Ndalu de Almeida est né le 5 juillet 1977 à Luanda et vit à Rio. Il est perçu comme étant l’un des écrivains les plus prometteurs du continent africain. Il a reçu de nombreux prix.

Je vous encourage à suivre cet auteur. Retrouvez-le sur sa page Facebook et suivez-le sur Twitter @ondjaki.

Vous trouverez ce livre aux Editions Métailié   et dans les librairies.

Bonne lecture!