Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop

Éditions Zulma pour la 2e édition. 272 pages. Paru le 3 mars 2011

Résumé et avis

Cornelius revient au pays quelques années après le génocide. Il retrouve ses amis restés au pays puis retourne au village à la recherche de son père. Sa mère, ses frères et ses sœurs ayant été massacrés. Sur son itinéraire il se rend compte du drame qui s’est joué. Le pays est devenu un musée de l’horreur qui exhibe les ossements, des restes de cadavres. Une fois arrivé au village, il va apprendre une vérité honteuse sur son père qui le marquera pour le restant de sa vie.

« Nous avons la même langue, le même Dieu Imana, les mêmes croyances. Rien ne nous sépare. – Si répondit méchamment Zakya : il y a entre vous ce fleuve de sang. »

« La radio-télévision libre des Mille Collines dit : « Mes sœurs hutu, faites-vous belles, les soldats français sont là, vous avez votre chance, car toutes les jeunes filles tutsi sont mortes. »

« -Je suis trop belle pour survivre. J’ai la beauté du soleil et comme le soleil je ne peux me cacher nulle part. »

Murambi, le livre des ossements, est un roman sur le génocide qui s’est déroulé au Rwanda avec un accent posé sur le transfert de la souffrance et de la culpabilité. Au fil des pages, on voit Cornelius qui se sent redevable envers la communauté et vouloir porter un fardeau pour un crime qu’il n’a pas commis. Comme pour se faire pardonner pour son absence et expier les fautes commises par un membre de sa famille.

« Pour tuer près d’un million de personnes en trois mois, il a fallu beaucoup de monde. Il y a eu des dizaines ou des centaines de milliers d’assassins et la plupart étaient de braves pères de famille. »

Ce roman a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture « Rwanda : écrire par devoir de mémoire. » mis en place en 1998 par des membres organisateurs du festival Fest’Africa de Lille auquel une dizaine d’auteur.e.s africain.e.s avaient été invités à écrire sur le génocide. C’est un des meilleurs livres que j’ai lu sur le sujet. J’y ai retrouvé le style de l’auteur et sa lutte pour la justice. Boubacar Boris Diop expose avec habileté tous les crimes qui ont été commis et nous présente un bilan. Nous savons tous ce qui s’est passé, maintenant il faut solder le compte. La postface du livre est incisive, des coupables sont clairement désignés, justice doit être rendue.

Un excellent roman à lire.

Murambi, le livre des ossements est disponible dans les points de vente habituels.

Je remercie Souleymane de la librairie Plumes du monde de m’avoir recommandé la lecture de ce livre. Visitez la page internet de la librairie Plumes du monde sur https://www.plumesdumonde.com/. Visitez leur page Facebook @PlumesduMonde et leur leur compte Instagram @plumesdumonde

À propos de l’auteur

Né à Dakar, Boubacar Boris Diop est l’auteur de plusieurs romans, dont notamment Les tambours de la mémoire (Harmattan 1990), Le Cavalier et son ombre (nouvelle édition, Philippe Rey 2010), Murambi, le livre des ossements (nouvelle édition, Zulma 2011) et Kaveena (Philippe Rey, 2006). Les petits de la guenon est la version française de son roman en wolof Doomi Golo (Papyrus, Dakar 2003) dont il a lui-même assuré la traduction.

Co-auteur, avec Odile Tobner et François-Xavier Verschave, de Négrophobie (Les Arènes, 2005) on lui doit aussi un essai intitulé L’Afrique au-delà du miroir (Philippe Rey, 2007). Il a collaboré en 2008 à l’ouvrage collectif L’Afrique répond à Sarkozy, chez le même éditeur.

Boubacar Boris Diop a été en 2004 et 2008 “visiting professor” à Rutgers university, dans l’Etat de New Jersey et Writing Fellow à l’université Witwatersrand de Johannesburg de mars à septembre 2010.

Source de la biographie sur le blog de l’auteur:  https://boubacarborisdiop.wordpress.com/biographie/

Pour en savoir plus sur l’auteur visitez sa page Facebook @boubacarborisdiop


4e de couverture:

Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, le roman de Boubacar Boris Diop nous éclaire sur l’ultime génocide du XXe siècle. Avant, pendant et après, ses personnages se croisent et se racontent. Jessica, la miraculée qui sait et répond du fond de son engagement de résistante ; Faustin Gasana, membre des milices du Hutu Power ; le lumineux Siméon Habineza et son frère, le docteur Karekezi ; le colonel Perrin, officier de l’armée française ; Cornelius enfin qui, de retour au Rwanda après de longues années d’exil, plonge aux racines d’une histoire personnelle tragiquement liée à celle de son peuple.

Extraits de la postface de l’auteur

« Murambi, le livre des ossements reste un roman dans la mesure où s’y perçoit le tumulte d’une histoire tragique et, à travers diverses trajectoires individuelles, la subjectivité d’un auteur. »

« La structure éclaté du roman s’explique d’ailleurs par ce désir de donner à voir ou pressentir une myriade de destins individuels pendant le génocide. »

« (…) le désir de faire ressentir au lecteur le choc et l’effarement de la découverte d’une horreur défiant l’imagination, au propre comme au figuré. »

Bonne lecture!

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