No home de Yaa Gyasi

Editions Calmann-Levy. 450 pages. Paru le 4 janvier 2017 pour la traduction française.

American Book Awards, Audie Award for Literary Fiction & Classics

 

Résumé et avis

Effia et Esi sont deux sœurs de même mère et vivent au Ghana. Effia épouse un capitaine anglais, Esi est vendue et va devenir une esclave aux Etats-Unis. Dans no home, le lecteur est immergé dans leurs histoires respectives et celles de leurs descendances dans différentes périodes allant de l’esclavage jusqu’à nos jours.

Les personnages sont attachants et intéressants hélas ils n’ont pas été assez développés. Le côté romanesque a été lésé au profit d’une narration plus centrée sur l’Histoire et sur des problématiques de société. Ce qui est dommage puisqu’on est vraiment happé par le récit sur un personnage puis d’un coup on passe à la génération suivante. Malgré tout, cela reste un très bon roman écrit avec justesse et intelligence. Ce fut une agréable découverte pour moi. Yaa Gyasi est une auteure à suivre.

4e de couverture:

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable. (source : Editions Calmann-Levy).

 

Extraits:

« Je veux être certain que tu sais ce qui est en jeu ici. S’ils te prennent, ils t’emmèneront a tribunal, mais tu n’auras pas ton mot à dire. Ce sera la parole de l’homme blanc contre aucune parole. Fais attention d’avoir toujours tes papiers avec toi, compris ? »

« Jo était triste que sa lignée ait été rompue, perdue à jamais. Il ne saurait jamais véritablement qui était son peuple, et qui était leur peuple avant eux, et s’il existait des histoires sur l’endroit d’où il venait, ils ne les entendrait jamais. Quand il ressentait ce regret, Ma Aku le serrait contre elle et elle remplaçait les récits sur la famille par des histoires sur les nations. Les Fantis de la côte, les Ashantis de l’intérieur des terres, les Akans. »

« Les prisonniers qui travaillaient à la mine étaient presque tous comme lui. Noirs, un jour esclaves, un autre libres, aujourd’hui esclaves à nouveau. Timothy, un homme sur la même chaîne que lui, avait été arrêté devant la maison qu’il avait construite après la guerre. Un chien avait hurlé dans un champ voisin pendant toute la nuit, et Timothy était sorti pour dire au chien de se taire. Le lendemain matin, la police l’avait arrêté pour avoir fait du tapage. Il y avait aussi Salomon, un prisonnier arrêté pour avoir volé 5 cents. Condamné à vingt ans. »

« De temps en temps, un des gardiens amenait un Blanc de troisième catégorie. Le nouveau était enchaîné à un Noir et, pendant les premières minutes le Blanc n’arrêtait pas de se plaindre. Il disait qu’il valait mieux que les Nègres. Il suppliait ses frères blancs, les gardiens, d’avoir pitié de lui, de lui épargner cette honte. Il jurait et pleurait et faisait des histoires. Alors on l’envoyait dans la mine, et l’homme blanc apprenait vite que s’il voulait survivre il devrait faire confiance à un homme noir. »

« En prenant l’argent, Sonny avait demandé : Que peut-il y avoir de pire que la mort ? Et les événements autour de lui s’étaient chargés de lui fournir la réponse. Quelques semaines plus tôt, la police de New York avait abattu un jeune Noir de quinze ans, un étudiant, pour pratiquement rien. La fusillade avait déclenché les émeutes, opposant de jeunes Noirs, des hommes et quelques femmes, aux forces de police. Aux informations, on en avait attribué la responsabilité aux Noirs de Harlem. À ces dingues, ces brutes, ces Noirs monstrueux qui avaient le culot de demander qu’on ne tire pas sur leurs enfants en pleine rue. Ce jour-là Sonny avait serré dans sa main l’argent que lui avait donné sa mère en rentrant chez lui, espérant ne pas rencontrer des Blancs qui voudraient prouver quelque chose, car il savait dans sa chair, même s’il ne l’avait pas encore enregistré dans son esprit, qu’en Amérique, le pire qui pouvait vous arriver était d’être noir. Pire que mort, vous étiez un mort qui marche. »

Vous pouvez acheter No home à partir du site de l’éditeur ici.

Suivez Yaa Gyasi sur Facebook @YaaGyasiAuthor

A propos de l’auteur

Yaa Gyasi est née en 1989 au Ghana et émigre aux États-Unis à l’âge de deux ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l’Iowa. Un voyage au Ghana déclenche son désir d’écrire No Home. Bestseller immédiat encensé par la critique américaine, ce premier roman magistral est sur le point de devenir un phénomène mondial. (Source Editions Calmann Levy http://calmann-levy.fr/auteur/yaa-gyasi)