La terre qui les sépare d’Hisham Matar

Editions Gallimard. 336 pages. Paru le 12 janvier 2017 pour la traduction française.

Prix du livre étranger France Inter – Le journal du dimanche 2017

Prix Pulitzer de la biographie 2017

Résumé et avis

La terre qui les sépare est une histoire captivante sur la disparition d’un homme dont la famille est sans nouvelle . A travers le récit de l’histoire familiale, nous découvrons les différentes périodes politiques de la Libye, avant, pendant et après le Colonel Kadhafi. Un beau texte, touchant et triste qui nous amène à nous sentir concerné par cette disparition. A lire !

Quatrième de couverture :

En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Égypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s’être opposé dès le début au régime de Kadhafi. La famille reçoit quelques lettres, envoyées secrètement, jusqu’à ce que toute correspondance cesse brusquement. Vingt et un ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, en 2011, le peuple prend les prisons d’assaut et libère les détenus. Mais Jaballa Matar est introuvable. A-t-il été exécuté lors du massacre d’Abou Salim qui a fait 1 270 victimes en 1996? La détention l’a-t-elle à ce point affaibli qu’il erre quelque part, libre mais privé de souvenirs et d’identité? Hisham Matar va mener l’enquête pendant des années, contactant des ONG et des ambassades, relatant l’histoire de cette disparition dans la presse internationale, se rendant à la Chambre des lords en Angleterre, son pays d’adoption, s’adressant aux personnalités les plus inattendues, de Mandela au fils de Kadhafi. À travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat, Hisham Matar retrace aussi l’histoire poignante d’un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

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Extraits :

« Sur cette même cassette, qu’en vingt-cinq ans je ne suis parvenu à écouter que cinq fois, il dit « ne partez pas à ma recherche » et, chaque fois, cette phrase réveille en moi le souvenir de cet après-midi où lui et moi étions étendus face à face, sur mon lit étroit d’étudiant londonien. Ses mots « À présent qu’il n’est plus là, il n’y a plus rien à s’en faire », que j’avais pris pour des paroles de réconfort, m’apparaissent aujourd’hui comme un avertissement qui m’a échappé sur l’instant. Ce qu’il voulait vraiment me dire, c’est que maintenant que son père avait disparu il pouvait prendre des risques plus grands encore. »

« Les interrogatoires étaient si horribles que lorsqu’on finissait par te renvoyer dans ta cellule, tu te sentais aussi heureux de retourner dans cet endroit misérable que si tu rentrais à la maison pour retrouver ta femme et tes enfants. »