Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud

Editions Actes Sud. 336 pages. Paru en août 2017.

Prix Transfuge du meilleur roman de langue française -2017

 

Zabor ou les psaumes est l’histoire d’un jeune homme passionné par les  livres et qui a le don de repousser la mort lorsqu’il écrit des histoires. Un jour, un de ses frères frappe à sa porte pour lui demander de sauver leur père d’une mort imminente.

« Ecrire est la seule ruse efficace contre la mort. Les gens ont essayé la prière, les médicaments, la magie, les versets en boucle ou l’immobilité, mais je pense être le seul à avoir trouvé la solution.»

Le récit se rapproche du conte mais cela reste un roman dans lequel le personnage principal défie le destin.

4e de couverture :

Orphelin de mère, indésirable chez son père remarié, élevé par une tante célibataire et un grand-père mutique, Zabor n’avait rien d’un enfant comme les autres. Il a grandi à l’écart de son village aux portes du désert, dormant le jour, errant la nuit, solitaire trouvant refuge dans la compagnie des quelques romans d’une bibliothèque poussiéreuse qui ont offert un sens à son existence. Très tôt en effet, il s’est découvert un don : s’il écrit, il repousse la mort ; celui ou celle qu’il enferme dans des phrases de ses cahiers gagne du temps de vie.

Ce soir, c’est un demi-frère haï qui vient frapper à sa porte : leur père est mourant et seul Zabor est en mesure, peut-être, de retarder la fatale échéance. Mais a-t-il des raisons de prolonger les jours d’un homme qui n’a pas su l’aimer ?

Fable, parabole, confession vertigineuse, le deuxième roman de Kamel Daoud célèbre l’insolente nécessité de la fiction en confrontant les livres sacrés à la liberté de créer. Telle une Shéhérazade ultime et parfaite, Zabor échappe au vide en sauvant ses semblables par la puissance suprême de l’écriture, par l’iconoclaste vérité de l’imaginaire.

(Source: Actes Sud)

Extraits:

« Peut-être la mort n’est-elle qu’un être amoureux qui cherche quelqu’un, qui nous scrute tous, un par un, jusqu’à la fin des temps, pour le retrouver », me dit mon chien. Je l’interroge alors : « Et moi, je la détourne des miens comment ? » « En lui faisant oublier son chagrin par des histoires », me répond-il.»

« Je peux aller jusqu’aux champs nocturnes. Là où les chiens se tourmentent. Vers le cimetière chrétien. Je le visite parfois, parce que la mort y est paré autrement que chez nous : pierres en dentelle, caveaux, noms français, espagnols, versets d’un autre livre sacré, angelots. Mon chien me répète que c’est un paradoxe que de sculpter les anges dans la pierre.»

« Une conjecture : vous lisez un livre en commençant par sa fin. L’histoire remonte le temps au lieu de l’accomplir, en même temps que les pages s’altèrent, vieillissent, deviennent fines, fragiles. Vous les tournez et elles se modifient, de papier deviennent papyrus, chanvre, peau de chèvre, omoplates, écorces d’arbre, eau sous le doigt, constellations. Vous les tournez, et l’écriture elle-même remonte le temps : de la typographie au manuscrit, du manuscrit à la lettrine du copiste puis au signe, au trait, à la cicatrice du cunéiforme, à l’icône, au dessin, à la gravure rupestre avant de finir – recommencer – dans l’index de la main qui désigne quelque chose, le dessin des pelages, l’ondulation du reptile, le mouvement des yeux, le plus rauque des soupirs, la syllabe. Arrivé à la première page, vous vous retrouvez assis, poète et chasseur, contemplant une forêt qui ressemble à une ligne d’encre entre le ciel de l’aube et la terre encore obscure.»

 

Zabor ou les psaumes est disponible en librairie.

A propos de l’auteur

Né en 1970 à Mostaganem (300 km à l’ouest d’Alger), Kamel Daoud a suivi des études de lettres françaises après un bac en mathématiques. Il est journaliste au Quotidien d’Oran – troisième quotidien national francophone d’Algérie –, où il a longtemps été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d’Algérie. Ses articles sont régulièrement repris par la presse française (Libération, Le Monde, Courrier international…). Il vit à Oran.
Son premier roman, Meursault, contre-enquête, traduit dans une trentaine de langues, a rencontré un immense succès dans le monde entier et a notamment reçu en 2015 le prix Goncourt du premier roman. (SourcesActes Sud: https://www.actes-sud.fr/contributeurs/daoud-kamel)

Suivez Kamel Daoud sur Twitter @daoud_kamel

2 réflexions sur « Zabor ou les psaumes de Kamel Daoud »

  1. je viens de le finir. Même si l’idée de départ est originale j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire même si c’est superbement écrit.

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